Histoire




Caminando Unidos a commencé en tant qu’initiative d’un groupe de personnes avec un fort compromis social et évangélique. Ils appartenaient à l’organisation SERPAJ (Service Paix et Justice pour l’Amérique Latine).

Depuis 1990, ces personnes ont pris la décision de “marcher ensemble” avec une communauté de l’Etat de Morelos connue sous le nom de “El Mascareño”. A l’époque, les familles de cette communauté se battaient  pour défendre leurs terres.

Nous nous consacrons à réaliser différentes tâches éducatives et récréatives, comme du théatre ou de la cuisine, entre autres, durant lesquelles nous travaillons sur les problèmes sociaux en relation avec la réalité de ces familles. De même, ces activités permettent de reconstruire le lien communautaire car elles intègrent tout les membres de la famille. A l’aide de ce projet plusieurs choses sont possibles, entre autres l’application d’un système éducatif alternatif à l’intérieur duquel l’enseignement se fait par le travail communautaire.

En 1992 a commencé le travail en collaboration avec l’INEEA. Cette aide se traduit de la façon suivante : de jeunes étudiants de l’université La Salle effectuent un service social et aident la fondation de plusieurs manières. A cette époque, les relations entre les volontaires et les familles se sont renforcées, de nombreuses personnes sont arrivées pour collaborer sur différents aspects et ainsi, peu à peu, de petites réussites furent possibles.

L’mpact sur la communauté apparait clairement car il y a plus de connivence entre les personnes, plus de fraternité, pas seulement entre les volontaires et les familles, mais aussi de la fraternité entre les familles elles-mêmes. Le résultat le plus probant fut la construction d’une bibliothèque communautaire à partir de bouts de carton, de bois et de tuiles. Elle fut nommée « Caminando Unidos » par les mères de famille.

En 1994, deux personnes en plus se sont intégrées afin de commencer l’application de différents ateliers et activités. En chemin nous avons fait la connaissance d’un groupe d’enfants plus marginalisés que le reste de la communauté et en dehors du système scolaire. Avec ces derniers nous avons mis en place des classes d’alphabétisation. A ce groupe s’ajoutèrent peu à peu d’autres enfants ; nous avons alors organisé des sous-groupes en fonction de l’âge des enfants.

Au vu des différentes observations, il apparut nécessaire de résoudre les problèmes de nutrition des enfants ainsi que d’organiser un espace de développement humain et d’intégration. Nous nous sommes donc donné la tâche de trouver des financements pour améliorer ces deux aspects. Jusqu’alors la majorité du travail se faisait de manière volontaire. C’est l’université La Salle qui fournissait un appui financier pour couvrir le salaire d’un éducateur (en 2000 elle paya le salaire de 5 éducateurs). De même, l’organisation allemande Pax Cristi, le Rotario Club Cuernavaca, entre autres, aidèrent pour couvrir le reste des salaires.

            En 1995, nous avons mis en place un programme d’ateliers de formation au travail en bureau, destiné aux enfants participant à Caminando Unidos mais aussi à la communauté en général.

Nous pouvons toujours compter sur la présence de volontaires qui décident de partager leurs connaissances et leur énergie avec les enfants durant un temps. Nous réalisons ces activités dans les maisons des enfants de la “colonie” (le quartier), dans la chapelle « La Purisima » et dans des espaces ouverts comme des terrains publics.

Durant l’année 1998, du fait de l’augmentation de notre population, l’espace de la chapelle ne fut plus suffisant. Nous avons donc reçu une autorisation pour développer les activités au séminaire « Pasionista » dans lequel nous avions un espace divisé en plusieurs salles.

A cette époque les classes se divisent : alphabétisation, école primaire et école primaire avancée. Tous ces groupes sont régis dans une optique éducative alternative comme : l’apprentissage significatif et le constructivisme de Piaget, les techniques de Freinet et les idées de Paulo Freire, Gandhi et Saint-Jean Baptise La Salle.

A cette époque aussi, nous mettons en place des ateliers de couture et de recyclage. Nous ouvrons aussi la zone pré-scolaire communautaire. En effet, nous avons senti la nécessité pour la population que  nous accueillons de prendre soin des enfants les plus jeunes. Tout cela sans nous éloigner des autres activités.

Depuis 1999, nous souhaitons aussi intégrer le modèle « High Scope » à notre enseignement. Ce modèle considère la période scolaire comme un temps visant à augmenter les facultés personnelles de chaque enfant et à développer le travail en communauté en se basant sur l’apprentissage actif qu’impliquent l’action et l’interaction avec différentes sources d’intérêts pour l’enfant.

            En 2001, grâce à notre croissance, l’acquisition du terrain que jusque là nous occupions et l’argent que nous avons reçus pour les travaux, nous sommes légalement devenu une association civile.

Ainsi a commencé la construction de ce qui aujourd’hui est la maison communautaire « Ann Choi Wollman-Donald Hessler ». Ce lieu a été et est toujours transformé en fonction des nécessités et des possibilités qui se présentent.

En 2002, nous avons utilisé la « Casa Blanca », un terrain non utilisé par le secrétariat gouvernemental, pendant que se réalisait la construction de notre maison communautaire. Nous avons utilisé ce lieu comme un espace de repos, de travail collectif et de réflexion.

De 2003 à nos jours a été possible la professionnalisation des activités qui se réalisent dans la maison communautaire. Avoir un espace propre a permis une meilleure structuration des activités et a en même temps créé un sentiment d’appartenance pour les familles. De fait, la participation des familles a augmenté depuis la construction de la maison.

            En 2005 se conclut la première étape du processus d’investigation initié en 2001. C’est une enquête sur la communauté que nous accueillons qui nous a montré les conditions de vie dans la pauvreté ainsi que son besoin d’apprentissage. Cela nous a permis de rapprocher notre projet pédagogique de la réalité des enfants. Le résultat fut une meilleure entente avec les mères de famille.

En 2008, et après une analyse de la situation, nous nous sommes rendus compte que créer un espace éducatif comme celui-ci n’était pas suffisant. L’expérience et les conditions de vie nous ont montré la réalité immuable, en apparence, à laquelle sont confrontés les enfants. Est donc apparue la nécessité de mettre en place une alternative concrète, réelle et palpable à travers laquelle nous ne sommes pas exposés à la mort, à l’abandon, à la perdition et au manque complet d’espérance dans un monde qui nous montre systématiquement qu’il n’y a pas d’espoir. Mais nous, nous croyons qu’il existe de l’espoir et que c’est notre devoir de le créer.

C’est ainsi qu’au final de cette année nous avons commencé à implanter un changement dans notre approche d’apprentissage : le curriculum éducatif appelé « transformation créative », qui introduit une série de techniques diverses basées sur l’expérience concrète. Les piliers de notre approche de « transformation créative » sont basés sur la physique quantique.

Nous supposons qu’à force de se répéter, les moments clés de l’évolution d’un être humain aboutissent à l’apparition de situations et de moments de créativité, d’évolution et d’innovation permettant l’amélioration des circonstances de notre vie.

Quand nous arrivons à répéter ces moments clés de l’évolution, les mêmes connexions  qui se réalisèrent à l’époque où l’humanité connut un saut évolutif se réalisent dans le cerveau.

Au travers de cette nouvelle méthodologie nous avons pu voir des changements significatifs dans la communauté de Caminando Unidos. Cela nous a permis d’avoir une compréhension plus terre à terre de la vie, plus pratique. Cette méthodologie a bien fonctionné avec les jeunes et ce de manière cruciale. L’appartenance, la possibilité d’occuper notre place dans le monde au travers de la découverte des origines de l’humanité. Nous considérons cela comme un processus évolutif qui génère des nouvelles perspectives, de nouvelles possibilités de vie et de durabilité.

Depuis 2008 et jusqu’à aujourd’hui nous continuons de travailler avec cette méthodologie.

Nous nous sommes concentré sur la formation de « guerriers » éthiques avec des valeurs (formation au leadership) en commençant avec un axe éthique basique et en passant par les 4 accords toltèques de Miguel Ruiz. Nous avons ajouté à cela des ateliers aux forts accents écologiques.

Nous comprenons qu’il est important de faire ressortir le sentiment communautaire, l’organisation avec la population participante et surtout de créer des conditions grâce auxquelles les jeunes auront de réelles alternatives pour le futur.

Nous souhaitons travailler auprès de la population pour améliorer l’organisation de la communauté et renforcer le sentiment d’appartenance à celle-ci. Nous travaillons également à fournir aux jeunes des conditions de développement et des apprentissages qui leur permettront d’avoir des alternatives réelles pour leur futur. Ainsi depuis 2008 nous avons commencé à changer notre programme éducatif et introduit de nouvelles activités dans le cadre du processus de “Transformation créative” de Juan David García. Cette méthode est basée sur l’évolution de l’homme, commençant par la préhistoire et avançant chronologiquement dans l’histoire de l’humanité. Nous en sommes actuellement à l’ère des Zapotecas.

Nous nous focalisons sur la formation de citoyens éthiques, porteurs de valeurs et capables de les transmettre. Cela commence avecles quatres accords Toltèques de Miguel Ruiz (être impeccable avec ses paroles; ne pas supposer; ne rien prendre de manière personnelle; faire de son mieux), auxquels s’ajoutent des ateliers qui véhiculent  des idées écologiques, la population s’étant intéressée à l’écologie et aux manières d’améliorer le quartier jusqu’à peut être devenir le premier quartier autosuffisant en zone de pauvreté extrême.

S’ajoute à ces méthodes un atelier amorcé en 2014 avec CIDEL (Centre d’Investigation en Développement Ethique), qui utilise le modèle EUDE (www.eude.org) et implique des jeunes de 12 à 13 ans. Cet atelier a pour objectif de conscientiser les jeunes et leur fournir des outils pour qu’ils développent leur capacité de résilience.